Gazette N°13
Actualité sur le Kaefferkopf
Les Alsaces de 1991
Le Gala 2001
Les Ambassadeurs 2001
Le millésime 2001
Dégustation pour l'Estampille
 
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Le Kaefferkopf est-il éternel ?
Dieu se mit en colère en voyant la société des hommes si différente de ce qu’il avait prévu. Il décida du déluge pour laver la terre de tout ce qui ne trouvait pas grâce à ses yeux.
Toutefois, comme chacun le sait, Noé eut comme délicate tâche de préserver les exemplaires de la faune et de la flore. A la fin du cataclysme diluvien, l’arche se posa, et les animaux s’en furent dans les contrées qu’ils jugèrent les plus hospitalières.
La coccinelle, symbolique petite bête du Bon Dieu, se posa sur les collines d’Ammerschwihr. Le Kaefferkopf était né, et bien né.
Dans la mythologie égyptienne, qui illustra nos enfances par ses mystérieux tombeaux et ses trésors pharaoniques, on relève la présence forte et répétée d’un scarabée toujours vénéré. Ce scarabée, insecte issu de la nuit des temps, et à priori, surgi de n’importe où, telle la coccinelle, représente la transformation de ce qui aspire à être et devient d’une idée quelque chose d’existant.
Depuis les Romains, la vigne du Kaefferkopf procède à cette élaboration, en produisant chaque année, sur le sol du pays de la coccinelle, cette quintessence de vie symbolique qu’est le fruit de la treille, qui doit, non seulement croître et devenir, mais encore se métamorphoser et s’améliorer au fil du temps.
Le Kaefferkopf, riche signification, est là pour affirmer combien le vin est esprit autant que produit.
Depuis que le langage a dénommé de la même façon le terroir et le vin qui y poussent, depuis que les hommes et les femmes de bonne volonté et de bon goût adoptent ses valeurs, le Kaefferkopf remplit une mission simple. Il devient un véhicule élémentaire du bonheur !
Nous voici donc bien inspirés, détenteurs d’une symbolique universelle, d’un devoir séculaire et historique, d’un produit fin et élégant, d’un breuvage plaisant, véritable commutateur de joie, tant au palais qu’à l’entendement. Il semblerait, mais c’est une rumeur, que l’appellation ne soit pas conforme aux nouvelles normes.
Qui serait assez fou pour s’attaquer au cortège de toutes ces significations, si belles et si profondément enracinées dans l’humain ? Personne, c’est bien évident ! Absolument personne de crédible en tout cas !
En cette année nouvelle, continuons le travail de Noé, des Romains, des Egyptiens, et apprécions le bonheur bimillénaire des Alsaciens de boire et de nommer par son nom, le Kaefferkopf, un des meilleurs vins de la région, du pays, que dis-je... du monde.
Bonnes gens du Kaefferkopf, nous avons le devoir de garder au Kaefferkopf son nom, sa signification, ses valeurs spécifiques, que l’appellation soit conforme ou non aux nouvelles normes.
 
François BLUEM
Grand Maître
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 
 
 
 
 
 
Des Alsaces de 1991
Une dégustation, dans les profondeurs des célèbres "Caves de l’Enfer", vendredi soir 11 mai 2001, sous l’égide de la Confrérie des "Amis d’Ammerschwihr et du Kaefferkopf", a mis en évidence l’extraordinaire potentiel de vieillissement des vins de la Confrérie, en l’occurence les vins du millésime 1991.
Cinq rieslings pour commencer et cinq gewurztraminers pour poursuivre, tous du millésime 1991, dix vins donc, au total, ayant tous obtenu à l’époque l’Estampille de Noblesse de la Confrérie. Il n’en fallait pas plus pour convaincre tous les dégustateurs, réunis sous la houlette de Jean-Marie Dirwimmer, maître d’hôtel et sommelier de l’hôtel-restaurant "Rendez-vous de chasse" ("Le Bristol" à Colmar), sous les voûtes séculaires de la cave de la Maison Kuehn, que l’adage "Vins d’Alsace : des vins jeunes, à boire jeunes" était pour le moins dépassé et ne pouvait décidémment plus s’appliquer à tous les Alsaces.
Car ce qui caractérisait les vins présentés, sans aucune exception, c’était leur étonnante fraîcheur et vivacité, pour ne pas dire jeunesse, due à une acidité qu’un vieillissement de 10 ans ne semblait guère avoir entamée, si ce n’est que pour l’assouplir quelque peu. L’acidité étant également le principal support des arômes, ils présentaient tous un nez étonnamment expressif, tempéré peut-être par une bouche un peu moins ample, mais toujours équilibrée et harmonieuse, parfaitement caractéristique du millésime qui n’était finalement pas un foudre de guerre, toutefois un millésime typiquement alsacien.
Tout le monde, à commencer par Jean-Marie Dirwimmer, eut plaisir à découvrir ces vins qui, sans exception, ne présentaient aucun caractère d’oxydation ou de réduction, ni en ce qui concerne les rieslings, ce fameux goût de "pétrole".
En ouverture de la dégustation, François Bluem, Grand Maître de la Confrérie du Kaefferkopf, avait présenté cette entité, en très bonne voie de devenir un cru tout à fait exceptionnel dans la hiérarchisation des vins. Il faut dire que le Kaefferkopf a de qui tenir, notamment par son étonnante diversité de sol.
Pour conclure en beauté, Francis Klée, président des oenologues d’Alsace, avait encore sélectionné un gewurztraminer de 1981, véritable héritage pour les successeurs de la Confrérie, un cépage qui, malgré ses 20 ans d’âge, présentait encore une originale note florale. C’était un vin du regretté François Schielé, Grand Maître de la Confrérie St-Etienne d’Alsace. On fit encore, avec un gewurztraminer Kaefferkopf du millésime 2000, récolté au "Ober-Hinterkirch", un bond en avant. Celui-ci, tiré du fut, avec son croquant, son acidité, sa fraîcheur, donnait réellement envie d’en boire... et d’en redemander.
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
Gala du kaefferkopf
Les inconditionnels du Kaefferkopf
 
Si, comme l’affirmait E. Hemingway "le vin est ce qu’il y a de plus civilisé au monde", nul doute que le chapitre de gala des "Amis d’Ammerschwihr et du Kaefferkopf" respirait une belle culture.
Tant était omniprésente l’histoire de ce grand vin, depuis la promenade à la naissance même du Kaefferkopf, dans les coteaux ensoleillés du Meywihr en début d’après-midi, jusqu’au chapitre en lui-même, célébré en début de soirée dans les jardins de l’ancien presbytère, une ancienne bâtisse du 18e siècle dans la rue des Ponts-en-Pierres.
Là, le grand maître François Bluem et le grand chambellan Pierre Dreyer chantèrent les louanges de ce divin breuvage, en premier lieu pour le président d’honneur de la soirée Michel Grégoire, député et président de l’Association Nationale des Elus du Vin. Celui-ci, passionné de cépages, n’eut aucune peine à convaincre les Confrères du Kaefferkopf de son adhésion à l’objet de leur passion. Bien plus, il les assura de son soutien inconditionnel dans toutes les instances où il siégeait.
 
Vers une appellation unique.
 En préambule avait été récitée la prière du Kaefferkopf, oeuvre du regretté curé-doyen Jérôme Edelmann et maintes fois chantée l’Ode du Kaefferkopf, en dialecte, de Pierre Hangarter. La Confrérie du Kaefferkopf accueillait également ce soir-là une délégation de la Confrérie des "Cousins de Bourgogne", en costumes d’apparat, ainsi que la reine des vins d’Alsace.
Après que le grand chambellan Pierre Dreyer eut fait l’apologie du Kaefferkopf - un cru sur le point de devenir une Appellation Particulière unique en Alsace - il intronisa, avec Michel Grégoire et la reine des vins d’Alsace, une quinzaine d’Ambassadeurs dont Bernard Girardin, adjoint au maire d’Ammerschwihr, Stéphane Despres, Marc Kuehn de Kientzheim ainsi qu’un "membre producteur " Etienne Simonis, conseiller municipal d’Ammerschwihr et une dizaine de membres grands Ambassadeurs dont Virginie Fuchs d’Ammerschwihr.
 La cérémonie se prolongea encore par l’attribution à Michel Grégoire, dans la propriété de Léon Heitzmann, d’un pied de vigne dans le Kaefferkopf, à vie, par acte dûment notarié. Enfin dans le verdoyant jardin du presbytère, à l’abri d’un dais de fortune protégeant de la pluie, se créa avec de nombreuses personnalités dont le député Marc Dumoulin, le maire d’Ammerschwihr Jean-Marie Fritsch, lui même confrère du Kaefferkopf, une chaleureuse cordialité autour d’un excellent muscat estampillé.
 
120 invités
En costumes d’apparat, la Confrérie du Kaefferkopf emmena ensuite le cortège de ses 120 invités jusqu’à l’hôtel de ville où, sur le perron, maître d’hôtel et élèves du lycée hôtelier de Guebwiller formaient une haie d’honneur. En début de soirée, le grand maître François Bluem et l’oenothéquaire Francis Klée initièrent les convives aux subtilités du mariage mets et vins et plus tard les Confrères gratifièrent deux inconditionnels du Kaefferkopf, Laurent Van den Boorn et Ton Van Heugten, nommés Ambassadeurs émérites (une nouvelle appellation dans l’échelle des valeurs de la Confrérie du Kaefferkopf), de la "feuille de vigne" en or.
Le traditionnel banquet de cette élégante soirée a été agrémenté des nombreux vins offerts, dont un Savigny 1997 1er Cru "Les Serpentines", et issus de l’oenothèque de la Confrérie. Il fut en tous points digne de son grand renom.
Alexis BOESCH
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
Les Ambassadeurs et Grands Ambassadeurs du Kaefferkopf
Les intronisations
Agréable descente aux Enfers
 
On a célébré le Kaefferkopf mercredi soir 24 octobre 2001, dans les profondeurs de la cave de l’Enfer (maison des vins Kuehn, Grand-rue), au cours d’une très belle cérémonie d’intronisations à la Confrérie des "Amis d’Ammerschwihr et du Kaefferkopf".
On s’était retrouvé nombreux - une bonne trentaine de sympatisants - autour du grand maître de la Confrérie, François Bluem, de son grand chambellan Pierre Dreyer, et du directoire, où l’on eut notamment plaisir à saluer Alfred Mattauch, artiste-peintre guebwillerois. En prélude, le grand maître avait présenté Ammerschwihr et sa destinée aux néophytes dans les salons de la maison Kuehn.
Dans les parfums si particuliers des caves au moment des vendanges, on se trouva sans plus tarder au coeur de cette savante alchimie qui métamorphose les simples moûts en nobles cépages.
Les rites de l’intronisation, orchestrés de main de maître par François Bluem, mirent en lumière les mérites des cinq postulants qui, après exposé de leurs mérites, puis assermentation, furent solennellement reçus au sein de la docte assemblée.
Ainsi Colette Biérry, proviseur de lycée ; Claude Lambert, recteur d’académie, chancelier des universités, familier du célèbre "Strissel" strasbourgeois où l’on consomme les vins d’Ammmerschwihr ; Jean-Marie Frèrejacques, d’illustre naissance à Gevrey-Chambertin, directeur des ressources humaines Centre Est Europe ; Robert Walter, directeur de centre culturel, ancien professeur d’histoire-géographie ; Yvon Gilbert, diplômé de l’école hôtelière de Strasbourg où il tient un hôtel-restaurant, reçurent la preuve de l’appartenance à la Confrérie du Kaefferkopf sous forme de diplômes.
Après maints couplets de l’Ode du Kaefferkopf, de Pierre Hangarter, chantés en choeur par les confrères, un fier Kaefferkopf clôtura la soirée qui se poursuivit par un excellent dîner.
Seule ombre au tableau de cette soirée, la défection, en dernière minute, de Tomi Ungerer, qui figurait lui aussi parmi les postulants.
 
Les Ambassadeurs 2001
Les Ambassadeurs émérites :
VAN DEN BOORN Laurent - VAN HEUGTEN Ton
Nouveaux Grands Ambassadeurs :
BANNWARTH Jean-Louis - GREGOIRE Michel - VAN EIJSDEN Else
CREMER François - LEIBOLT Hervé - VAN LEEUWEN Fons
De BAUDRHINGIEN Jacqueline - LERCH Francine - YODER Jean-Marie
FUCHS Virginie - MORITZ Caroline
Nouveaux Ambassadeurs :
BARTHOLOME Elianne - GIRARDIN Bernard - SCHREURS Pierre
BIERY Colette - GREGOIRE Michel - SCROFANI Giovanni
BRUNIALTI Noëlle - KUEHN Marc - SIMONIS Etienne (membre producteur)
CHAUVENET Joël - LAMBERT Claude - SKALITZ Etienne
DECAESTECKER Johan - LEDIG Jean-Louis - TURPIN Olivier
DESMET Edgard - LEFEVRE Jean-Pierre - VANDAELE Rita
DESPRES Stéphane - MORITZ Caroline - VERSCHUERE Georgette
FRERE-JACQUES Jean-Marie - NEAU Jean - WALTER Robert
GILBERE Yvon - ROUSSEL Daniel
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 
Millésime 2001
"Des vins malgré tout, excellents"
Après la taille, début mars, le climat et la météo étaient au rendez-vous dans toutes les étapes dans la vie de la vigne et du raisin.
La floraison s’est faite normalement au printemps, un été chaud et agréable dont la vigne profitait largement. Tout était bien jusqu’au 1er jour de septembre. Pluie, éclaircie, pluie de nouveau, enfin un mois très humide et qui rendait les vignerons très anxieux et inquiets. Fin septembre commencèrent les vendanges sur une météo très changeante. Mais dès les premiers résultats dans les caves, on s’aperçut que les degrés étaient très honorables tout comme les acidités. Quant vint le tour des cépages du Kaefferkopf, entre les 10 et 15 octobre, où le temps était déja très agréable et chaud, la récolte des Riesling, Gewurztraminer et Pinot Gris s’avéra de très bonne qualité. Naturellement, il fallut faire un tri pour éliminer les raisins atteints de pourriture. Les fermentations se sont passées sans problème et déjà les vins s’éclaircissent dans les cuves et foudres de bois.
En dégustation, on retrouve à présent bien les arômes d’amandes et de fleurs dans les rieslings, d’amandes douces, de mangues, et autres fruits exotiques dans les gewurztraminers. On a eu très peur à cause du mois de septembre, mais les vignerons ont su faire face et voilà que l’on trouve dans nos caves des vins équilibrés, avec du corps, de la structure et des bouquets subtils. Des vins que l’on boira avec beaucoup de plaisir. Je vous souhaite une bonne santé à tous...
Le Grand Chambellan
Pierre DREYER
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
Dégustation des Estampilles de Noblesse
Les rieslings au top
Offrir à sa clientèle des bouteilles de Kaefferkopf parées d’une collerette noire et or de l’estampille de noblesse, est la fierté du vigneron. Mardi 4 septembre 2001, s’est déroulée la sélection pour l’obtention de ce must de la viticulture.
Quatre longues tables, chargées de bouteilles anonymes de la récolte 2000, suffirent tout juste à placer tous les dégustateurs. Parmi eux, de grands noms de l’oenologie, tels MM. Meyer, oenologue à l’INRA, Dillenseger (Laboratoires Immelé), Schmitt et Cayrel (Oeno-France), Jean Schillinger, caviste à la cave Coopérative de Kientzheim-Kaysersberg, Mme et M. Janin, de Maastricht, secrétaire de la Confrérie des Amis du Vin Néerlandais, Anne-Caroline Bernhardt-Grosdemange, reine des Vins d’Alsace 1996, mais aussi des vignerons du cru et la jeune garde d’Ammerschwihr.
Un décor rituel et immuable, préau du Groupe scolaire, pour cette dégustation, la 20e du nom, organisée par la Confrérie des "Amis d’Ammerschwihr et du Kaefferkopf" et ouverte par les souhaits de bienvenue du grand maître François Bluem félicitant chaleureusement les vignerons pour leurs résultats d’une nouvelle année de travail. De nombreux confrères entouraient également le grand chambellan Pierre Dreyer à qui revinrent les explications techniques.
Pas moins de deux heures d’horologe furent nécessaires à cet éclectique jury pour départager les 75 Kaefferkopf dont 25 rieslings (+ 3 de 1999), 35 gewurztraminers (+ 2 de 1999), 4 tokays, 3 Kaefferkopf (assemblage) + 2 de 1999, 1 gewurztraminer "Vendanges tardives" (en instance de classement).
Au fil des travaux se dégagèrent les caractéristiques du millésime 2000 dont il semble que le riesling sorte du lot, sans que toutefois le gewurztraminer ne démérite en aucune manière. Ce millésime, le plus précoce de ces cinquante dernières années, a en effet produit des rieslings fruités, nets et sains dans leurs arômes.
Rigoureuse, cette sélection le fut comme à l’accoutumée, un petit quart des échantillons n’ayant pas reçu l’agrément. Ce qui implique qu’ils n’ont pas eu la note 7.
Tous les vins présentés bénéficieront en plus d’une analyse de l’INRA, dont les résultats ont été connus sous quinzaine.
 
Texte: Alexis Boesch
Mise en page: Etienne Dreyer