Dieu se mit en colère en voyant la
société des hommes si différente de ce
quil avait prévu. Il décida du déluge
pour laver la terre de tout ce qui ne trouvait pas grâce
à ses yeux.
Toutefois, comme chacun le sait, Noé
eut comme délicate tâche de préserver les
exemplaires de la faune et de la flore. A la fin du cataclysme
diluvien, larche se posa, et les animaux sen furent
dans les contrées quils jugèrent les plus
hospitalières.
La coccinelle, symbolique petite bête
du Bon Dieu, se posa sur les collines dAmmerschwihr. Le
Kaefferkopf était né, et bien né.
Dans la mythologie égyptienne, qui
illustra nos enfances par ses mystérieux tombeaux et ses
trésors pharaoniques, on relève la présence
forte et répétée dun scarabée
toujours vénéré. Ce scarabée, insecte
issu de la nuit des temps, et à priori, surgi de
nimporte où, telle la coccinelle, représente
la transformation de ce qui aspire à être et devient
dune idée quelque chose dexistant.
Depuis les Romains, la vigne du Kaefferkopf
procède à cette élaboration, en produisant
chaque année, sur le sol du pays de la coccinelle, cette
quintessence de vie symbolique quest le fruit de la treille,
qui doit, non seulement croître et devenir, mais encore se
métamorphoser et saméliorer au fil du
temps.
Le Kaefferkopf, riche signification, est
là pour affirmer combien le vin est esprit autant que
produit.
Depuis que le langage a
dénommé de la même façon le terroir et
le vin qui y poussent, depuis que les hommes et les femmes de
bonne volonté et de bon goût adoptent ses valeurs, le
Kaefferkopf remplit une mission simple. Il devient un
véhicule élémentaire du bonheur !
Nous voici donc bien inspirés,
détenteurs dune symbolique universelle, dun
devoir séculaire et historique, dun produit fin et
élégant, dun breuvage plaisant,
véritable commutateur de joie, tant au palais
quà lentendement. Il semblerait, mais
cest une rumeur, que lappellation ne soit pas conforme
aux nouvelles normes.
Qui serait assez fou pour sattaquer
au cortège de toutes ces significations, si belles et si
profondément enracinées dans lhumain ?
Personne, cest bien évident ! Absolument personne de
crédible en tout cas !
En cette année nouvelle, continuons
le travail de Noé, des Romains, des Egyptiens, et
apprécions le bonheur bimillénaire des Alsaciens de
boire et de nommer par son nom, le Kaefferkopf, un des meilleurs
vins de la région, du pays, que dis-je... du
monde.
Bonnes gens du Kaefferkopf, nous avons le
devoir de garder au Kaefferkopf son nom, sa signification, ses
valeurs spécifiques, que lappellation soit conforme
ou non aux nouvelles normes.
François BLUEM
Grand Maître
Des Alsaces de
1991
Une dégustation, dans les
profondeurs des célèbres "Caves de lEnfer",
vendredi soir 11 mai 2001, sous légide de la
Confrérie des "Amis dAmmerschwihr et du Kaefferkopf",
a mis en évidence lextraordinaire potentiel de
vieillissement des vins de la Confrérie, en
loccurence les vins du millésime 1991.
Cinq rieslings pour commencer et cinq
gewurztraminers pour poursuivre, tous du millésime 1991,
dix vins donc, au total, ayant tous obtenu à
lépoque lEstampille de Noblesse de la
Confrérie. Il nen fallait pas plus pour convaincre
tous les dégustateurs, réunis sous la houlette de
Jean-Marie Dirwimmer, maître dhôtel et sommelier
de lhôtel-restaurant "Rendez-vous de chasse" ("Le
Bristol" à Colmar), sous les voûtes séculaires
de la cave de la Maison Kuehn, que ladage "Vins
dAlsace : des vins jeunes, à boire jeunes"
était pour le moins dépassé et ne pouvait
décidémment plus sappliquer à tous les
Alsaces.
Car ce qui caractérisait les vins
présentés, sans aucune exception,
cétait leur étonnante fraîcheur et
vivacité, pour ne pas dire jeunesse, due à une
acidité quun vieillissement de 10 ans ne semblait
guère avoir entamée, si ce nest que pour
lassouplir quelque peu. Lacidité étant
également le principal support des arômes, ils
présentaient tous un nez étonnamment expressif,
tempéré peut-être par une bouche un peu moins
ample, mais toujours équilibrée et harmonieuse,
parfaitement caractéristique du millésime qui
nétait finalement pas un foudre de guerre, toutefois
un millésime typiquement alsacien.
Tout le monde, à commencer par
Jean-Marie Dirwimmer, eut plaisir à découvrir ces
vins qui, sans exception, ne présentaient aucun
caractère doxydation ou de réduction, ni en ce
qui concerne les rieslings, ce fameux goût de
"pétrole".
En ouverture de la dégustation,
François Bluem, Grand Maître de la Confrérie
du Kaefferkopf, avait présenté cette entité,
en très bonne voie de devenir un cru tout à fait
exceptionnel dans la hiérarchisation des vins. Il faut dire
que le Kaefferkopf a de qui tenir, notamment par son
étonnante diversité de sol.
Pour conclure en beauté, Francis
Klée, président des oenologues dAlsace, avait
encore sélectionné un gewurztraminer de 1981,
véritable héritage pour les successeurs de la
Confrérie, un cépage qui, malgré ses 20 ans
dâge, présentait encore une originale note
florale. Cétait un vin du regretté
François Schielé, Grand Maître de la
Confrérie St-Etienne dAlsace. On fit encore, avec un
gewurztraminer Kaefferkopf du millésime 2000,
récolté au "Ober-Hinterkirch", un bond en avant.
Celui-ci, tiré du fut, avec son croquant, son
acidité, sa fraîcheur, donnait réellement
envie den boire... et den redemander.
Gala du
kaefferkopf
Les inconditionnels du
Kaefferkopf
Si, comme laffirmait E. Hemingway "le
vin est ce quil y a de plus civilisé au monde", nul
doute que le chapitre de gala des "Amis dAmmerschwihr et du
Kaefferkopf" respirait une belle culture.
Tant était omniprésente
lhistoire de ce grand vin, depuis la promenade à la
naissance même du Kaefferkopf, dans les coteaux
ensoleillés du Meywihr en début
daprès-midi, jusquau chapitre en
lui-même, célébré en début de
soirée dans les jardins de lancien presbytère,
une ancienne bâtisse du 18e siècle dans la rue des
Ponts-en-Pierres.
Là, le grand maître
François Bluem et le grand chambellan Pierre Dreyer
chantèrent les louanges de ce divin breuvage, en premier
lieu pour le président dhonneur de la soirée
Michel Grégoire, député et président
de lAssociation Nationale des Elus du Vin. Celui-ci,
passionné de cépages, neut aucune peine
à convaincre les Confrères du Kaefferkopf de son
adhésion à lobjet de leur passion. Bien plus,
il les assura de son soutien inconditionnel dans toutes les
instances où il siégeait.
Vers une appellation
unique.
En préambule avait
été récitée la prière du
Kaefferkopf, oeuvre du regretté curé-doyen
Jérôme Edelmann et maintes fois chantée
lOde du Kaefferkopf, en dialecte, de Pierre Hangarter. La
Confrérie du Kaefferkopf accueillait également ce
soir-là une délégation de la Confrérie
des "Cousins de Bourgogne", en costumes dapparat, ainsi que
la reine des vins dAlsace.
Après que le grand chambellan Pierre
Dreyer eut fait lapologie du Kaefferkopf - un cru sur le
point de devenir une Appellation Particulière unique en
Alsace - il intronisa, avec Michel Grégoire et la reine des
vins dAlsace, une quinzaine dAmbassadeurs dont Bernard
Girardin, adjoint au maire dAmmerschwihr, Stéphane
Despres, Marc Kuehn de Kientzheim ainsi quun "membre
producteur " Etienne Simonis, conseiller municipal
dAmmerschwihr et une dizaine de membres grands Ambassadeurs
dont Virginie Fuchs dAmmerschwihr.
La cérémonie se
prolongea encore par lattribution à Michel
Grégoire, dans la propriété de Léon
Heitzmann, dun pied de vigne dans le Kaefferkopf, à
vie, par acte dûment notarié. Enfin dans le verdoyant
jardin du presbytère, à labri dun dais
de fortune protégeant de la pluie, se créa avec de
nombreuses personnalités dont le député Marc
Dumoulin, le maire dAmmerschwihr Jean-Marie Fritsch, lui
même confrère du Kaefferkopf, une chaleureuse
cordialité autour dun excellent muscat
estampillé.
120 invités
En costumes dapparat, la
Confrérie du Kaefferkopf emmena ensuite le cortège
de ses 120 invités jusquà lhôtel
de ville où, sur le perron, maître dhôtel
et élèves du lycée hôtelier de
Guebwiller formaient une haie dhonneur. En début de
soirée, le grand maître François Bluem et
loenothéquaire Francis Klée initièrent
les convives aux subtilités du mariage mets et vins et plus
tard les Confrères gratifièrent deux inconditionnels
du Kaefferkopf, Laurent Van den Boorn et Ton Van Heugten,
nommés Ambassadeurs émérites (une nouvelle
appellation dans léchelle des valeurs de la
Confrérie du Kaefferkopf), de la "feuille de vigne" en
or.
Le traditionnel banquet de cette
élégante soirée a été
agrémenté des nombreux vins offerts, dont un Savigny
1997 1er Cru "Les Serpentines", et issus de
loenothèque de la Confrérie. Il fut en tous
points digne de son grand renom.
Alexis BOESCH
Les Ambassadeurs et Grands
Ambassadeurs du Kaefferkopf
Les intronisations
Agréable descente aux
Enfers
On a célébré le
Kaefferkopf mercredi soir 24 octobre 2001, dans les profondeurs de
la cave de lEnfer (maison des vins Kuehn, Grand-rue), au
cours dune très belle cérémonie
dintronisations à la Confrérie des "Amis
dAmmerschwihr et du Kaefferkopf".
On sétait retrouvé
nombreux - une bonne trentaine de sympatisants - autour du grand
maître de la Confrérie, François Bluem, de son
grand chambellan Pierre Dreyer, et du directoire, où
lon eut notamment plaisir à saluer Alfred Mattauch,
artiste-peintre guebwillerois. En prélude, le grand
maître avait présenté Ammerschwihr et sa
destinée aux néophytes dans les salons de la maison
Kuehn.
Dans les parfums si particuliers des caves
au moment des vendanges, on se trouva sans plus tarder au coeur de
cette savante alchimie qui métamorphose les simples
moûts en nobles cépages.
Les rites de lintronisation,
orchestrés de main de maître par François
Bluem, mirent en lumière les mérites des cinq
postulants qui, après exposé de leurs
mérites, puis assermentation,
furent solennellement reçus au sein de la docte
assemblée.
Ainsi Colette Biérry, proviseur de
lycée ; Claude Lambert, recteur dacadémie,
chancelier des universités, familier du
célèbre "Strissel" strasbourgeois où
lon consomme les vins dAmmmerschwihr ; Jean-Marie
Frèrejacques, dillustre naissance à
Gevrey-Chambertin, directeur des ressources humaines Centre Est
Europe ; Robert Walter, directeur de centre culturel, ancien
professeur dhistoire-géographie ; Yvon Gilbert,
diplômé de lécole hôtelière
de Strasbourg où il tient un hôtel-restaurant,
reçurent la preuve de lappartenance à la
Confrérie du Kaefferkopf sous forme de
diplômes.
Après maints couplets de lOde
du Kaefferkopf, de Pierre Hangarter, chantés en choeur par
les confrères, un fier Kaefferkopf clôtura la
soirée qui se poursuivit par un excellent
dîner.
Seule ombre au tableau de cette
soirée, la défection, en dernière minute, de
Tomi Ungerer, qui figurait lui aussi parmi les
postulants.
Les Ambassadeurs
2001
Les Ambassadeurs émérites
:
VAN DEN BOORN Laurent - VAN HEUGTEN
Ton
Nouveaux Grands Ambassadeurs :
BANNWARTH Jean-Louis - GREGOIRE
Michel - VAN EIJSDEN Else
CREMER François - LEIBOLT
Hervé - VAN LEEUWEN Fons
De BAUDRHINGIEN Jacqueline - LERCH
Francine - YODER Jean-Marie
FUCHS Virginie - MORITZ
Caroline
Nouveaux Ambassadeurs :
BARTHOLOME Elianne - GIRARDIN
Bernard - SCHREURS Pierre
BIERY Colette - GREGOIRE Michel -
SCROFANI Giovanni
BRUNIALTI Noëlle - KUEHN Marc
- SIMONIS Etienne (membre producteur)
CHAUVENET Joël - LAMBERT
Claude - SKALITZ Etienne
DECAESTECKER Johan - LEDIG
Jean-Louis - TURPIN Olivier
DESPRES Stéphane - MORITZ
Caroline - VERSCHUERE Georgette
FRERE-JACQUES Jean-Marie - NEAU
Jean - WALTER Robert
GILBERE Yvon - ROUSSEL
Daniel
Millésime
2001
"Des vins malgré tout,
excellents"
Après la taille, début mars,
le climat et la météo étaient au rendez-vous
dans toutes les étapes dans la vie de la vigne et du
raisin.
La floraison sest faite normalement
au printemps, un été chaud et agréable dont
la vigne profitait largement. Tout était bien jusquau
1er jour de septembre. Pluie, éclaircie, pluie de nouveau,
enfin un mois très humide et qui rendait les vignerons
très anxieux et inquiets. Fin septembre commencèrent
les vendanges sur une météo très changeante.
Mais dès les premiers résultats dans les caves, on
saperçut que les degrés étaient
très honorables tout comme les acidités. Quant vint
le tour des cépages du Kaefferkopf, entre les 10 et 15
octobre, où le temps était déja très
agréable et chaud, la récolte des Riesling,
Gewurztraminer et Pinot Gris savéra de très
bonne qualité. Naturellement, il fallut faire un tri pour
éliminer les raisins atteints de pourriture. Les
fermentations se sont passées sans problème et
déjà les vins séclaircissent dans les
cuves et foudres de bois.
En dégustation, on retrouve à
présent bien les arômes damandes et de fleurs
dans les rieslings, damandes douces, de mangues, et autres
fruits exotiques dans les gewurztraminers. On a eu très
peur à cause du mois de septembre, mais les vignerons ont
su faire face et voilà que lon trouve dans nos caves
des vins équilibrés, avec du corps, de la structure
et des bouquets subtils. Des vins que lon boira avec
beaucoup de plaisir. Je vous souhaite une bonne santé
à tous...
Le Grand Chambellan
Pierre DREYER
Dégustation des
Estampilles de Noblesse
Les rieslings au
top
Offrir à sa clientèle des
bouteilles de Kaefferkopf parées dune collerette
noire et or de lestampille de noblesse, est la fierté
du vigneron. Mardi 4 septembre 2001, sest
déroulée la sélection pour lobtention
de ce must de la viticulture.
Quatre longues tables, chargées de
bouteilles anonymes de la récolte 2000, suffirent tout
juste à placer tous les dégustateurs. Parmi eux, de
grands noms de loenologie, tels MM. Meyer, oenologue
à lINRA, Dillenseger (Laboratoires Immelé),
Schmitt et Cayrel (Oeno-France), Jean Schillinger, caviste
à la cave Coopérative de Kientzheim-Kaysersberg, Mme
et M. Janin, de Maastricht, secrétaire de la
Confrérie des Amis du Vin Néerlandais, Anne-Caroline
Bernhardt-Grosdemange, reine des Vins dAlsace 1996, mais
aussi des vignerons du cru et la jeune garde
dAmmerschwihr.
Un décor rituel et immuable,
préau du Groupe scolaire, pour cette dégustation, la
20e du nom, organisée par la Confrérie des "Amis
dAmmerschwihr et du Kaefferkopf" et ouverte par les souhaits
de bienvenue du grand maître François Bluem
félicitant chaleureusement les vignerons pour leurs
résultats dune nouvelle année de travail. De
nombreux confrères entouraient également le grand
chambellan Pierre Dreyer à qui revinrent les explications
techniques.
Pas moins de deux heures dhorologe
furent nécessaires à cet éclectique jury pour
départager les 75 Kaefferkopf dont 25 rieslings (+ 3 de
1999), 35 gewurztraminers (+ 2 de 1999), 4 tokays, 3 Kaefferkopf
(assemblage) + 2 de 1999, 1 gewurztraminer "Vendanges tardives"
(en instance de classement).
Au fil des travaux se
dégagèrent les caractéristiques du
millésime 2000 dont il semble que le riesling sorte du lot,
sans que toutefois le gewurztraminer ne démérite en
aucune manière. Ce millésime, le plus précoce
de ces cinquante dernières années, a en effet
produit des rieslings fruités, nets et sains dans leurs
arômes.
Rigoureuse, cette sélection le fut
comme à laccoutumée, un petit quart des
échantillons nayant pas reçu
lagrément. Ce qui implique quils nont pas
eu la note 7.
Tous les vins présentés
bénéficieront en plus dune analyse de
lINRA, dont les résultats ont été
connus sous quinzaine.